Choisir son hébergement à La Réunion ne se résume pas à réserver une chambre : c’est décider de l’expérience que l’on souhaite vivre sur cette île intense. Entre les gîtes de montagne perchés dans les cirques, les hôtels de bord de mer à Saint-Gilles, les chambres d’hôtes créoles nichées dans les Hauts et les campings aménagés en forêt, l’offre est aussi variée que les paysages réunionnais. Cette diversité reflète les multiples facettes de l’île, où chaque type de logement permet d’accéder à un territoire et à une ambiance distincts.
Pourtant, face à cette richesse, de nombreux voyageurs se sentent désorientés. Quel budget prévoir ? Quelle localisation privilégier pour rayonner efficacement ? Comment décrypter la réglementation locale, notamment pour le bivouac ou la taxe de séjour ? Cet article pose les fondations pour comprendre l’écosystème de l’hébergement réunionnais et faire des choix éclairés, que vous voyagiez en solo, en famille ou en groupe, avec un budget serré ou confortable.
La Réunion propose un éventail d’options qui dépassent largement la distinction classique entre hôtel et location. Chaque formule répond à des besoins spécifiques et offre une immersion différente dans la culture locale.
Les hôtels se concentrent principalement sur la côte Ouest (Saint-Gilles, Saint-Leu, Saint-Paul) et autour de Saint-Denis. Ils offrent une gamme de services standardisés : petit-déjeuner, piscine, parfois spa et animations. Les résidences de tourisme, quant à elles, proposent des appartements équipés, idéals pour les séjours de moyenne durée ou les familles souhaitant gérer leurs repas. Cette formule permet de concilier autonomie et services hôteliers comme le ménage ou la réception.
Les tarifs varient considérablement selon la saison et la localisation. Comptez entre 60 et 120 euros par nuit pour un établissement deux ou trois étoiles en basse saison, et facilement le double pendant les vacances scolaires métropolitaines ou la période de juillet à septembre, pic touristique sur l’île.
Les gîtes de montagne constituent une institution à La Réunion. Gérés souvent par des Réunionnais installés dans les Hauts, ils accueillent les randonneurs après une journée de marche dans les cirques de Mafate, Cilaos ou Salazie. Ces hébergements rustiques mais chaleureux fonctionnent généralement en demi-pension avec un menu unique servi à table d’hôtes : un cari, du riz, des grains et des achards, le tout copieux et convivial.
Les chambres d’hôtes, elles, se distinguent par leur cadre intimiste et l’accueil personnalisé des propriétaires. Nombreuses dans les zones rurales comme la Plaine des Cafres ou autour d’Hell-Bourg, elles permettent de découvrir l’architecture créole traditionnelle, avec leurs cases en bois, leurs varangues fleuries et leurs jardins tropicaux. Cette formule favorise les échanges authentiques et le partage d’astuces locales sur les sentiers moins fréquentés ou les bonnes tables de quartier.
Le camping reste une option économique et immersive pour qui souhaite se rapprocher de la nature réunionnaise. Les campings aménagés, présents notamment à l’Étang-Salé, à Cilaos ou dans certaines zones forestières, offrent des emplacements avec sanitaires et parfois des bungalows toilés. Le tarif moyen oscille entre 10 et 20 euros par nuit pour un emplacement.
Le bivouac (camping sauvage) est toléré dans certaines zones, notamment le long des sentiers de grande randonnée, mais strictement encadré par le Parc National de La Réunion. Il est autorisé uniquement de 18h à 9h du matin, à plus de 15 mètres des cours d’eau et à l’écart des sentiers balisés. Cette pratique exige une préparation rigoureuse : la température peut chuter drastiquement la nuit en altitude, et l’accès à l’eau potable n’est pas garanti partout.
Le premier critère de choix reste souvent budgétaire. À La Réunion, l’écart de prix entre haute et basse saison peut atteindre 40 à 60 %. Les périodes les plus coûteuses correspondent aux vacances scolaires de la zone métropolitaine (juillet-août, Noël, février), aux ponts de mai et à la période sèche australe (septembre-octobre), particulièrement prisée des randonneurs.
Réserver plusieurs mois à l’avance pour ces périodes tendues permet d’accéder à de meilleurs tarifs et d’éviter de se retrouver sans solution. En revanche, la basse saison (novembre à avril, hors fêtes de fin d’année) offre des opportunités de négociation directe avec les hébergeurs, surtout si vous réservez en direct plutôt que via une plateforme intermédiaire.
La Réunion n’est pas grande (environ 70 km de diamètre), mais son relief volcanique et ses routes sinueuses allongent considérablement les temps de trajet. Baser son hébergement sur la côte Ouest permet de profiter des plages et du lagon tout en rayonnant vers les cirques. Les Hauts (Cilaos, Hell-Bourg, Plaine des Cafres) immergent dans l’atmosphère montagnarde mais impliquent des déplacements quotidiens si l’on souhaite varier entre randonnée et baignade.
Pour un séjour découverte, privilégier deux ou trois hébergements successifs dans différentes zones de l’île permet de limiter les allers-retours et de vivre pleinement chaque micro-région. Cette approche itinérante correspond bien à la diversité du territoire réunionnais.
Les familles avec jeunes enfants ou bébés trouveront plus de confort dans les résidences de tourisme ou les villas de location, qui offrent espace, équipements adaptés (lit bébé, chaise haute souvent disponibles sur demande) et autonomie pour gérer les rythmes de sieste et de repas. Les chambres d’hôtes familiales proposent aussi parfois des jardins sécurisés où les enfants peuvent jouer.
Les groupes d’amis ou les familles élargies ont intérêt à opter pour des gîtes de grande capacité ou des locations de villa entière. Cette formule permet de mutualiser les coûts et de partager des moments conviviaux autour de la cuisine, très importante dans la sociabilité réunionnaise. Attention toutefois : certains propriétaires fixent un nombre maximum de personnes strictement contrôlé pour des raisons d’assurance et de tranquillité du voisinage.
Comme partout en France, les hébergements touristiques à La Réunion appliquent une taxe de séjour collectée pour le compte des collectivités locales. Son montant varie selon la commune et le type d’hébergement, généralement entre 0,50 et 2 euros par personne et par nuit. Les hôtels haut de gamme appliquent les tarifs les plus élevés, tandis que les campings et gîtes de montagne restent dans les tranches basses.
Cette taxe finance l’entretien des sites touristiques, la signalétique des sentiers et les actions de promotion du territoire. Elle est souvent payable en supplément lors du check-out, rarement incluse dans le tarif annoncé en ligne. Un détail à anticiper dans son budget global, surtout pour un séjour long ou en grand groupe.
La réservation en direct auprès des hébergeurs présente plusieurs avantages : elle évite les commissions des plateformes (qui peuvent atteindre 15 à 20 %), permet d’échanger directement avec le propriétaire pour poser des questions précises sur l’équipement ou l’accès, et ouvre parfois la voie à une négociation tarifaire, surtout hors saison ou pour des séjours de plusieurs nuits.
Quelques précautions s’imposent pour éviter les arnaques, bien que rares à La Réunion :
Séjourner dans un gîte de montagne, c’est adopter un rythme de vie spécifique et des codes de savoir-vivre collectifs. Ces établissements, souvent isolés dans les cirques ou en bordure du Parc National, accueillent randonneurs et voyageurs en quête d’authenticité. L’ambiance y est chaleureuse mais aussi marquée par des contraintes logistiques liées à l’isolement.
Les horaires sont généralement stricts : arrivée en fin d’après-midi après la randonnée, dîner servi à heure fixe (souvent autour de 19h) pour tous les convives ensemble, et extinction des lumières communes assez tôt. Cette organisation permet de gérer les ressources (électricité parfois solaire, eau à économiser) et de respecter le repos de tous, dans un contexte où les dortoirs ou les murs fins favorisent la promiscuité sonore.
Le menu unique à table d’hôtes est une tradition : le gérant prépare un plat typique créole, copieux et généralement non négociable. Prévenir en amont pour les régimes alimentaires spécifiques (végétariens, allergies) est indispensable. En contrepartie, ces repas partagés créent une convivialité rare et permettent d’échanger avec d’autres voyageurs et avec les hôtes, véritables mines d’informations sur les sentiers et l’histoire locale.
Côté équipement, même si le gîte fournit les lits (souvent en dortoir), il est d’usage d’apporter son sac de couchage ou son drap de sac par hygiène. Une lampe frontale, des tongs pour les douches communes et quelques provisions personnelles (barres énergétiques, fruits secs) complètent le nécessaire.
Le camping à La Réunion permet une immersion totale dans des décors spectaculaires, du littoral volcanique aux forêts de cryptomérias des Hauts. Mais cette pratique exige de respecter des règles strictes, tant pour préserver les écosystèmes fragiles que pour garantir sa propre sécurité.
La réglementation du Parc National interdit formellement le camping en dehors des zones autorisées et des horaires définis. Le bivouac d’une nuit, toléré pour les randonneurs itinérants, doit se faire discret, sans trace laissée derrière soi. Tout feu de camp est interdit en raison du risque d’incendie, particulièrement critique en saison sèche. Les réchauds à gaz restent l’unique option pour cuisiner en autonomie.
Les défis climatiques varient selon l’altitude. En altitude moyenne à haute (au-dessus de 1 500 mètres), les températures nocturnes peuvent descendre en dessous de 5°C même en été austral. Un sac de couchage adapté (confort 0-5°C minimum), un matelas isolant et des vêtements thermiques sont indispensables. À l’inverse, sur la côte, les moustiques et l’humidité nocturne peuvent rendre l’expérience inconfortable sans moustiquaire et matériel aéré.
L’accès à l’eau potable constitue un enjeu majeur. Certains campings aménagés disposent de points d’eau, mais en pleine nature, il faut soit prévoir ses réserves (lourd sur les longues distances), soit traiter l’eau des ravines avec des pastilles ou un filtre adapté. En revanche, boire directement l’eau des cours d’eau sans traitement expose à des risques sanitaires comme la leptospirose, maladie bactérienne présente dans les eaux douces de l’île.
Enfin, le principe du « Leave No Trace » (ne laisser aucune trace) prend tout son sens : emporter tous ses déchets, y compris organiques, utiliser les sanitaires des campings ou, en leur absence, enterrer ses déjections à plus de 50 mètres d’un point d’eau et ramener le papier toilette dans un sac dédié.
Dans un territoire où les plages de sable blanc sont rares et concentrées sur la côte Ouest, disposer d’une piscine dans son hébergement représente un vrai plus, surtout pour les familles ou lors de séjours dans les Hauts éloignés du littoral. Mais toutes les piscines ne se valent pas sous le climat réunionnais.
Le choix de l’exposition conditionne le confort de baignade. Une piscine orientée plein nord (exposée au soleil toute la journée dans l’hémisphère sud) chauffera naturellement, agréable pour les matinées fraîches en altitude, mais pourra devenir trop chaude en plein été sur la côte. Une piscine partiellement ombragée par la végétation tropicale ou une varangue offre plus de fraîcheur et évite les coups de soleil prolongés.
La température de l’eau varie énormément selon l’altitude et l’équipement. Sur la côte, l’eau non chauffée reste agréable toute l’année (24-28°C). Dans les Hauts, au-dessus de 1 000 mètres, une piscine non chauffée peut descendre à 18-20°C, rafraîchissante après une randonnée mais peu propice aux longues séances de baignade avec de jeunes enfants. Vérifier si l’établissement dispose d’un système de chauffage solaire ou électrique peut faire la différence.
La sécurité est encadrée par la réglementation française : toute piscine privée non close doit disposer d’un système de sécurité (barrière, alarme, couverture ou abri). Pour les familles avec enfants en bas âge, privilégier les hébergements équipés de barrières homologuées et vérifier leur bon fonctionnement dès l’arrivée.
Enfin, l’esthétique compte, surtout dans une île photogénique comme La Réunion. Une piscine avec vue sur le lagon à Saint-Gilles, sur les remparts de Cilaos ou perdue dans la végétation luxuriante des Hauts transforme un simple logement en décor de carte postale, idéal pour immortaliser son séjour.
Choisir où dormir à La Réunion, c’est aussi décider comment son budget touristique irrigue le territoire. Face à la montée des plateformes internationales et des groupes hôteliers, privilégier les hébergements tenus par des Réunionnais constitue un geste économique et culturel fort.
Les gîtes de montagne, chambres d’hôtes familiales et petits hôtels indépendants réinjectent directement les revenus dans l’économie locale : emplois non délocalisables, achat de denrées chez les producteurs voisins, entretien par des artisans du coin. Ils contribuent aussi au maintien de la vie dans les zones rurales des Hauts, souvent fragilisées par l’exode vers le littoral.
Certains labels et réseaux facilitent l’identification de ces hébergements responsables. Le label « Gîtes de France » propose une charte qualité et valorise l’ancrage territorial. Les tables d’hôtes qui cuisinent des produits locaux (brèdes, fruits de l’île, poissons du lagon) participent à la préservation de la gastronomie créole et soutiennent les filières agricoles réunionnaises.
Au-delà du label, échanger avec le propriétaire sur ses pratiques environnementales (gestion de l’eau, tri des déchets, production d’énergie solaire) ou sur sa connaissance du territoire permet d’identifier les acteurs authentiquement engagés. Ces hébergeurs deviennent souvent de précieux guides, partageant des spots méconnus et des adresses loin des circuits touristiques standardisés.
Choisir son hébergement à La Réunion relève donc d’un équilibre subtil entre confort, budget, localisation et valeurs. Aucune formule n’est universellement meilleure : tout dépend du rythme de voyage souhaité, de la saison, du type de découverte recherché. Mais comprendre les spécificités de chaque option, les règles qui les encadrent et les critères objectifs de sélection permet de transformer une simple nuit en une étape enrichissante du voyage, ancrée dans la réalité plurielle de cette île volcanique.

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